« Trop c’est trop » : comment la presse portugaise dit adieu à Cristiano Ronaldo, entre tendresse et lassitude

Gabriel Gromellon

7 juillet 2026 06h00

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« Trop c’est trop » : comment la presse portugaise dit adieu à Cristiano Ronaldo, entre tendresse et lassitude

Crédit Photo - IconSport

Éliminé avec le Portugal par l’Espagne, la star de 41 ans a disputé sa dernière Coupe du monde sous des regards partagés entre émotion et agacement.

On imaginait des adieux en fanfare, un dernier coup d’éclat, une sortie de légende. On a eu droit à quatre-vingt-dix minutes laborieuses et des larmes sur la pelouse de Dallas. Battu par l’Espagne (1-0) sur un but tardif en huitième de finale, le Portugal a quitté le Mondial 2026, et Cristiano Ronaldo avec lui. À 41 ans, le capitaine lusitanien a très probablement disputé sa dernière Coupe du monde. Dans son pays, la presse oscille désormais entre respect et soulagement.

Une élimination cruelle, un constat sans détour

Un petit geste, un grand changement : parfois, un seul but suffit à refermer une carrière en sélection.

Ce soir-là, le ballon a fini dans les filets portugais par Mikel Merino, entré en jeu, à l’entame du temps additionnel. Un dénouement d’autant plus dur que le Portugal avait tenu tête à l’une des favorites du tournoi.

Bien muselé par la défense espagnole, Ronaldo n’a jamais réussi à se créer la moindre occasion nette. Une prestation à l’image de son tournoi, laborieuse, loin du feu d’artifice espéré.

Au coup de sifflet final, les images de sa détresse ont fait le tour des réseaux. Plusieurs joueurs espagnols, dont le jeune Lamine Yamal, sont venus le consoler.

Une presse partagée entre hommage et ras-le-bol

Dès le lendemain, les journaux portugais ont sorti leurs titres. Le plus marquant vient d’A Bola : « On ne veut pas te tuer, mais trop c’est trop. » Une formule qui résume tout, entre affection et lassitude.

Record, de son côté, a sobrement titré « L’heure des adieux », visant autant la légende que le sélectionneur Roberto Martinez, tenu pour largement responsable de l’échec.

Le quotidien O Jogo a dressé un bilan chiffré presque cruel. Ronaldo a joué 441 des 450 minutes possibles du Portugal dans ce Mondial, pour un seul but, un penalty. Sa seule réalisation en phase finale remonte au huitième face à la Croatie.

Un maigre total pour celui qui reste, malgré tout, le premier joueur de l’histoire à avoir marqué lors de six éditions différentes.

Un roi sans couronne mondiale

Car derrière l’agacement, il y a le respect d’un parcours hors norme. Six Coupes du monde disputées, un record partagé avec Lionel Messi. Un palmarès XXL en club, mais un trophée qui lui aura toujours échappé en sélection.

Interrogé en zone mixte, Ronaldo n’a pas caché son trouble. « J’ai ressenti de l’émotion, mais aussi du soulagement et une conscience tranquille, sachant que rien ne peut être critiqué quand on donne le meilleur de soi-même », a-t-il confié.

Il n’a toutefois pas annoncé sa retraite internationale, se donnant le temps de la réflexion, loin des décisions à chaud. L’Espagne, elle, poursuit sa route vers les quarts.

Reste une image : celle d’un géant du football quittant la scène mondiale par la petite porte. Preuve que même les plus grands ne choisissent pas toujours la façon dont l’histoire s’achève.