Sept matchs truqués au mondial ? zéro pour la FIFA, qui dit vrai ?

Gabriel Gromellon

24 juillet 2026 08h30

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Sept matchs truqués au mondial ? zéro pour la FIFA, qui dit vrai ?

Crédit Photo - IconSport

Un organisme de surveillance indépendant a émis sept alertes de premier niveau sur la Coupe du monde 2026, alors que la FIFA affirme n’avoir rien détecté.

Deux rapports, deux conclusions opposées. Mardi, la FIFA se félicitait d’un tournoi sans la moindre trace d’activité de paris suspecte sur ses 104 matchs. Le lendemain, le Groupe de Copenhague, réseau international rattaché au Conseil de l’Europe, publiait un bilan nettement plus nuancé : sept signalements émis pendant la compétition. Révélée par The Athletic, cette divergence interroge sur la surveillance d’un marché où 240 milliards de dollars auraient été engagés cet été.

Ce que veut vraiment dire une notice jaune

Avant tout, une précision qui change la lecture du dossier. Les sept alertes émises sont des notices jaunes, soit le niveau le plus bas de l’échelle. Elles signalent des indices initiaux méritant un examen complémentaire, sans établir la moindre manipulation.

Le Groupe de Copenhague l’indique clairement dans son communiqué : aucune alerte orange ni rouge, réservées aux cas plus sérieux, n’a été émise durant le tournoi. Aucune accusation directe n’est portée contre une équipe, un joueur ou un match.

Le bilan complet donne la mesure du travail : 104 rencontres surveillées, quinze placées sous vigilance renforcée notamment lors de la dernière journée de poules, sept notices jaunes et douze controverses analysées sous l’angle des risques d’intégrité.

Les cas qui ont attiré l’attention

Parmi les situations relevées figure le carton rouge de Folarin Balogun, dont la suspension avait été levée par la commission de discipline. Selon le rapport, la plateforme Polymarket avait ouvert un marché sur la disponibilité du joueur, alors qu’aucun marché comparable n’avait été proposé pour les quatorze autres expulsions du tournoi.

Cette affaire avait déjà nourri le débat sur les liens entre pouvoir politique et instances du football. La Fédération norvégienne envisage d’ailleurs de saisir la commission d’éthique de la FIFA, avec un conseil d’administration prévu le 6 août.

Autre situation signalée : l’expulsion du Sud-Africain Themba Zwane, à la 84e minute du match d’ouverture contre le Mexique. Enfin, Polymarket a enregistré 4,8 millions de dollars de mises sur l’hypothèse d’une Espagne ne battant pas le Cap-Vert. La rencontre s’est achevée sur un 0-0.

Deux lectures d’un même tournoi

Du côté de la FIFA, la position est ferme. Dans un communiqué publié sur son site, l’instance explique que sa task force intégrité a surveillé les marchés et le jeu en temps réel sur l’ensemble des matchs, sans identifier d’activité suspecte ni d’indication de manipulation.

Il faut noter que les deux organismes ne s’opposent pas frontalement. Le Groupe de Copenhague fait lui-même partie des membres de cette task force, aux côtés d’Interpol, du FBI ou de Sportradar. La divergence porte sur l’interprétation des données, pas sur leur collecte.

L’organisme a demandé à la FIFA une explication écrite sur le dossier Balogun, et son rapport complet n’a pas encore été publié. Cette période reste marquée par de multiples contestations, à l’image de la pétition argentine réclamant une nouvelle finale. L’augmentation des mises, elle, s’explique en partie par le passage de 64 à 104 matchs entre 2022 et 2026.